Résumé : Auteur méconnu, Walker Hamilton n'a pu laisser derrière lui une oeuvre abondante... faute à la mort qui l'a surpris dans sa trente-cinquième année. Ce 'premier roman' est pourtant un de ces ouvrages rares et précieux, qu'il ne faut sous aucun prétexte laisser à l'abandon. Souvent considéré comme un conte, Tous les petits animaux évoque la poésie du Petit prince de Saint-Exupéry, donne dans la causticité façon Fantasia chez les ploucs de Charles Williams. Le narrateur, Bobby, est un petit garçon de trente et un ans qui rencontre quelques difficultés à discerner le bien du mal. Parce qu'il est un peu simple, certes, mais aussi parce que seules la rudesse et la méchanceté l'entourent. Aux prises avec un beau-père qui le maltraite et le menace de l'enfermer dans un asile, Bobby s'enfuit. Il rencontre alors un drôle de petit bonhomme, monsieur Summers, tout occupé à ramasser les cadavres d'animaux écrasés sur la route, dans l'unique objectif de les enterrer. 'J'ai dit au petit homme que j'avais trente et un ans. Je m'attendais à ce qu'il fasse pareil que les autres et qu'il me regarde comme si je n'étais pas vraiment là, comme si je ne pouvais pas voir leurs yeux, comme si ce n'était pas important que MOI je puisse voir leurs yeux à EUX. Mais il hocha simplement la tête et tourna les talons', explique Bobby. Tous les petits animaux est un peu à l'image des ailes de géant de L'albatros de Baudelaire, exhalant ce rapport si douloureux à la réalité. Emouvant, il porte, par la petite voix ténue de Bobby, la mélancolie d'un monde que l'on oublie de considérer. Porté à l'écran en 1998, c'est non sans une certaine ironie que le personnage de Monsieur Summers est interprété par John Hurt, celui-là même qui, quelques années auparavant, tenait pour David Lynch le rôle de Elephant Man..